Fin 2025, l'entreprise américaine Kyndryl — issue d'IBM — a annoncé vouloir racheter la société informatique néerlandaise Solvinity. Pour le compte de Logius, Solvinity exploite l'infrastructure derrière DigiD : le portail par lequel des millions de Néerlandais se connectent à leur administration. La perspective qu'une partie étrangère prenne le contrôle de l'épine dorsale de l'identité numérique du pays a suscité une large inquiétude au parlement néerlandais.
Fin mai 2026, la secrétaire d'État Willemijn Aerdts (Économie numérique & Souveraineté) a interdit le rachat, sur avis du bureau de filtrage des investissements et en vertu de la loi néerlandaise de filtrage des investissements (Wet vifo), pour risque de sécurité nationale. (NOS) Solvinity et son propriétaire Vitruvian Partners ont saisi la justice ; l'affaire a été plaidée devant le tribunal d'arrondissement de Rotterdam le 6 juillet 2026, un jugement étant attendu à la mi-juillet. (Computable)
Pour Sovereign AI-Grid, ce n'est pas un incident isolé mais un avant-goût. La question que pose l'affaire Solvinity — à qui peut appartenir et qui peut exploiter l'infrastructure numérique critique d'un pays, et peut-elle être vendue à votre insu ? — est exactement celle qui se reposera pour le calcul IA dans les années à venir.
De l'identité numérique à la puissance de calcul
DigiD donne aux citoyens l'accès à l'administration numérique ; la couche de calcul en devient le moteur. Elle déterminera comment les administrations traitent les données, font tourner les modèles et appuient les décisions — avec des données encore plus sensibles et une valeur stratégique encore plus grande. Si elle est aux mains d'une partie qui peut être rachetée par un propriétaire étranger, la même dépendance que l'affaire Solvinity révèle aujourd'hui réapparaît.
L'affaire montre aussi le revers : l'État a pu bloquer le rachat, mais n'avait aucune alternative prête et a dû prolonger le contrat existant faute de mieux. Pouvoir bloquer n'est pas la même chose que disposer d'une alternative souveraine.
Pourquoi la structure de propriété est au cœur
La différence n'est pas un label ni un drapeau sur un serveur, mais la structure de propriété. Un fournisseur avec des actionnaires peut être vendu — à n'importe qui. Sovereign AI-Grid est conçu autrement, à dessein : via la propriété de gérance (steward ownership), l'organisation n'est structurellement pas vendable à une partie étrangère. Associé à un réseau fédéré sans point de contrôle central et à une pleine juridiction UE, cela supprime la dépendance à la racine.
“La leçon de DigiD n'est pas qu'il faut pouvoir bloquer les rachats, mais que l'infrastructure critique n'aurait jamais dû être à vendre.”
Le calendrier n'est pas un hasard
L'affaire coïncide avec un basculement plus large. Le 3 juillet 2026, le cabinet a durci sa politique cloud pour l'ensemble de l'État : pour les missions essentielles, les fournisseurs hors UE/EEE sont découragés et les données sensibles ne peuvent plus résider dans le cloud public. (Rijksoverheid) Ce que l'administration fixe aujourd'hui pour le cloud, elle l'exigera demain pour le calcul IA. La direction est claire — et le calcul souverain et fédéré est précisément la réponse.
État des lieux (8 juillet 2026) : le tribunal de Rotterdam n'a pas encore statué. Nous mettrons cet article à jour dès que la décision sera rendue.
Un calcul souverain pour le secteur public
Découvrez comment Sovereign AI-Grid ancre la souveraineté dans la structure de propriété — non comme une promesse, mais comme un mode de construction.
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